Le concerto 

pour clarinette de Mozart

K

 

La clarinette, bercée par les cordes, murmurait une mélodie tendre

qui exhalait, avec ses mouvements descendants, une 

sorte de tristesse sereine.

Au début, j'ai pensé que tu m'envoyais cet adagio par sympatie, juste

pour me prouver que tu avais connu, toi aussi, le chagrin.

Puis le morceau continua et je m'aperçus que tu me disais autre chose.

Quoique douce, délicate, la clarinette refusait de fléchir, de céder à la déprime,

elle remontait, elle chantait, elle s'épanouissait. Le chagrin se transfigurait. De

ton sentiment, tu faisais une oeuvre. La tristesse s'était muée en beauté.

'Ma vie avec Mozart'

Eric-Emmanuel Schmitt